François Bonneau : "Il y aura un avant et un après" l’été 2026

François Bonneau a fait sa rentrée à Orléans ce mardi 25 août.

Modifié : 17h55 par Nicolas Terrien

Après un été marqué par des épisodes de très fortes chaleurs et plusieurs incendies, le Conseil régional du Centre-Val-de-Loire veut accélérer l’adaptation au changement climatique. Lycées, agriculture, prévention des feux, tourisme et mobilités : François Bonneau appelle à "faire autrement" et annonce plusieurs mesures concrètes pour cette rentrée.

Après un été 2026 qui constitue un véritable point de bascule, c’est l’heure de la rentrée pour le Conseil régional du Centre-Val-de-Loire et son président, François Bonneau : "Il y aura un avant et un après cette canicule 2026" affirme-t-il. Un changement de perspective qui doit, selon lui, dépasser le simple constat de l’augmentation des températures. "Il ne s’agit pas simplement d’évoquer" les conséquences du réchauffement, mais "de prendre en compte les perturbations profondes qui sont produites par ça". La réponse doit donc être structurelle : "Il ne s’agit pas d’apporter des pansements, mais de voir comment on peut faire évoluer notre modèle de développement". Avec une priorité : adapter dès maintenant les équipements et les politiques publiques à des épisodes de chaleur qui pourraient devenir plus fréquents et plus intenses : "Ce n’est pas arrêter le développement, c’est penser des réponses aux besoins humains dans un autre paradigme".

"Il faut désormais répondre aux enjeux du chaud"

Première traduction concrète de cette volonté : la centaine de lycées dont le Conseil régional a la charge va bénéficier d’un effort financier renforcé. L’enveloppe consacrée à leur performance énergétique doit passer de 1,5 à 5 millions d’euros. La décision sera présentée en commission permanente en octobre. Protections solaires sur les façades vitrées, brasseurs d’air et diagnostics établissement par établissement doivent notamment permettre de mieux supporter les fortes chaleurs. Pour le président de la collectivité, l’adaptation doit concerner tous les lieux de vie : "Dans nos écoles, dans nos collèges, dans nos lycées, dans nos universités, on doit pouvoir travailler et enseigner même en temps scolaire, parce que ce sont des périodes qui sont désormais concernées" souligne-t-il.

François Bonneau au micro de Nicolas Terrien :

Remettre de l’éco-pâturage dans les espaces ruraux

Les incendies de l’été ont également renforcé les interrogations sur l’entretien des espaces ruraux, notamment en Brenne et en Sologne. François Bonneau pointe l’enfrichement de certaines terres autrefois cultivées ou pâturées : "Dès que l’incendie prend, il se propage à une vitesse extraordinaire" estime-t-il, en indiquant que la prévention passe aussi par l’agriculture. Il défend le développement de l’éco-pâturage, afin de remettre des animaux sur des espaces aujourd’hui gagnés par les herbes sèches et les broussailles. Autre sujet : les clôtures. La loi impose leur retrait lorsqu’elles ont été installées au cours des trente dernières années, avec une application prévue au 1er janvier et des pénalités à la clé. Un enjeu de sécurité face aux incendies : les grillages peuvent empêcher les animaux de fuir et compliquer l’intervention des secours.

François Bonneau à l'issue de sa conférence de presse de rentrée ce mardi 25 août à Orléans.

Un fonds de 500 000 euros pour les agriculteurs

Pour accompagner cette adaptation, la Région prévoit enfin de mobiliser 500 000 euros en faveur des agriculteurs. Les modalités précises doivent encore être définies avec la Chambre régionale d’agriculture. Le fonds pourrait à la fois soutenir les exploitants victimes des incendies et financer des investissements permettant de faire évoluer les pratiques agricoles ou d’élevage. "Il faut à la fois aider ceux qui ont perdu, mais aussi peut-être aider des évolutions de pratiques agricoles, de pratiques d’élevage qui nécessitent telle ou telle forme d’investissement", explique François Bonneau. Les premiers arbitrages sont attendus lors de la commission permanente en septembre.

François Bonneau au micro de Nicolas Terrien :

Le tourisme également impacté

Le tourisme aussi doit revoir sa copie. La région veut conserver sa position de première destination française pour le tourisme à vélo, mais les températures extrêmes posent une difficulté nouvelle. "On ne fait pas beaucoup de vélo quand il fait 42 degrés dehors", constate François Bonneau. La réponse pourrait passer par davantage d’itinéraires ombragés, de haltes rafraîchissantes et une offre touristique capable d’alterner les activités : vélo le matin, patrimoine ou visites à l’abri pendant les heures les plus chaudes. Mobilités, bâtiments, agriculture, tourisme… Après cet été brûlant, l’adaptation devient une nécessité politique autant qu’un défi climatique.