Loi d'urgence agricole : les AMAP du Centre-Val de Loire interpellent les députés avant le vote décisif
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Modifié : 12h13 par Nicolas Terrien
À la veille de la commission mixte paritaire du 16 juillet sur la loi d'urgence agricole, le Réseau des AMAP Centre Val de Loire prend publiquement position. Dans une lettre ouverte adressée aux députés de la région, le mouvement citoyen dénonce un texte qui, selon lui, "répond à l'urgence, sans répondre aux véritables causes de la crise agricole".
À quelques jours de l'arbitrage parlementaire et le vote à l'Assemblée nationale le 20 juillet, le Réseau des AMAP Centre-Val de Loire appelle les élus à revoir en profondeur la loi d'urgence agricole, dite "Duplomb 2". S'il partage l'objectif de garantir un revenu aux agriculteurs et de renforcer la souveraineté alimentaire, le réseau estime que le texte emprunte une mauvaise direction en privilégiant "des assouplissements environnementaux et des simplifications de normes", notamment sur l'eau et les pesticides. Dans sa lettre ouverte diffusée ce mercredi 15 juillet, le mouvement alerte sur "trois régressions" majeures : la réintroduction de pesticides interdits, l'accaparement de la ressource en eau, ainsi que le verrouillage de la contestation citoyenne et le déni démocratique. "La véritable urgence agricole n'est pas de déréguler davantage un système qui a déjà vidé nos campagnes de leurs paysans", affirme le réseau, qui qualifie cette réforme de "fausse réponse à la crise agricole".
Défendre une agriculture paysanne et durable
Fort de plus de 100 AMAP, 300 paysans partenaires et de milliers de consommateurs en Centre-Val de Loire, le réseau met en avant un modèle qu'il juge déjà opérationnel. "La souveraineté agricole ne peut pas se construire en opposant paysans et protection de l'eau, des sols et de la biodiversité", clament les signataires, qui plaident pour une transition agroécologique fondée sur des fermes de proximité et des circuits courts. Les AMAP demandent notamment le retrait de plusieurs dispositions du texte, le maintien du rôle scientifique de l'ANSES dans les autorisations de pesticides, un meilleur partage de la ressource en eau et l'ouverture d'un véritable chantier sur le revenu paysan, avec des prix planchers, une régulation du foncier et un soutien renforcé à la conversion agroécologique. En conclusion, le réseau invite les pouvoirs publics à s'appuyer sur l'expérience des AMAP "pour coconstruire de réelles politiques agricoles durables, qui répondent à l'urgence, sans renoncer à l'avenir".
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