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Alençon : mais d’où viennent ces shit box ?

05 novembre 2019 à 01h12 Par Jonathan Lateur et Emilien Borderie
Chacun a pris soin d'immortaliser son colis
Crédit photo : Jonathan Lateur

Ils sont une quinzaine, autour d’Alençon et dans le nord Sarthe, à avoir reçu ces derniers jours des "shit box" à leur domicile.

Plaisanterie d’un goût douteux ou règlement de compte, on ne sait pas encore... Mais une chose est sûre, il a fallu que les victimes aient le cœur bien accroché lorsqu’elles ont ouvert leur petit colis. Entre ces 26 et 31 octobre, ils sont une quinzaine, âgés de 20 à 30 ans et domiciliés autour de la capitale ornaise ou dans le nord Sarthe, à avoir reçu, directement chez eux, des boîtes cartonnées contenant… des excréments : "On ne sait pas d’où et encore moins de qui ça vient" explique Guillaume, l’un des destinataires. Selon lui, "ce sont a priori des déjections animales".

Reportage de Jonathan Lateur, I

Un appel via Twitter

Destinataire de la "shit box numéro 4", Benjamin s’est immédiatement branché sur les réseaux sociaux : "J’ai posté un message sur Twitter pour savoir si d’autres personnes avaient reçu la même chose que moi, et dès le lendemain j’en ai eu confirmation" explique-t-il. Nathan, qui a reçu la boîte malodorante "numéro 10", est dans l’expectative : "On cherche à comprendre, mais on ne voit pas quel lien peut exister entre nous, si ce n’est qu’on fréquente toutes et tous la même boîte de nuit à Alençon. Mais on ne se connaît pas forcément plus que ça !".

Signé "Le chieur masqué"

Le seul indice a été adressé à Guillaume : "Moi, j’ai eu un message dans ma boîte en carton, qui nous a conduits à retrouver des lettres dans un parc, où il est fait mention de crimes plus ou moins graves qu’on aurait commis"… Lettre signée du "chieur masqué" souhaitant "un joyeux Halloween" à tout le monde. "On se demande vraiment qui a pu se donner tant de mal pour échafauder un truc pareil, sachant que toutes les shit box ont été déposées directement, sans passer par la poste, devant des maisons situées à des dizaines de kilomètres les unes des autres".

Reportage de Jonathan Lateur, II

Pas de recours aux forces de l'ordre

Pour l’instant, les destinataires mènent leurs investigations seuls, dans un état d’esprit plutôt positif : "Etant donné que nos casiers judiciaires sont tout sauf ceux de criminels, on ne s’inquiète pas trop... Et même si personne n’a franchement apprécié la démarche, on a préféré ne pas s’en remettre aux forces de l’ordre qui nous auraient certainement expliqué avoir des choses plus importantes à gérer" fait savoir Guillaume. Benjamin, pour sa part, invite l’auteur de l’opération à se manifester, histoire de comprendre, quand-même… En promettant que "tout se passera bien".