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ArjoWiggins : vers un report pour optimiser les chances de reprise ?

27 mai 2020 à 01h06 Par Emilien Borderie
Le site Arjowiggins de Bessé-sur-Braye

Ce vendredi 29 mai est la date limite prévue pour le dépôt des projets de reprise du site industriel de l’ex-papeterie Arjowiggins à Bessé-sur-Braye. Mettant en avant le contexte de crise sanitaire de ces dernières semaines, plusieurs élus locaux de Sarthe et de Loir-et-Cher demandent un report de l’échéance.

Ils sont conseillers municipaux ou départementaux dans l’est de la Sarthe ou aux confins du Vendômois, côté Loir-et-Cher : de nombreux élus ont d’ores et déjà signé une pétition visant à obtenir un report de la date butoir fixée pour l’examen des offres de reprise du site industriel d’Arjowiggins de Bessé-sur-Braye. Dans l’état actuel des choses, c’est au plus tard ce vendredi 29 mai que doit se manifester auprès du mandataire judiciaire tout éventuel candidat au rachat de la papeterie, implantée là depuis... 1824. Et qui faisait travailler, il y a moins de deux ans, plus d’un demi-millier de salariés.

Un calendrier "impacté par la crise sanitaire"

Dans un communiqué adressé aux rédactions ce mardi 26 mai, Dominique Le Mèner, président du Conseil départemental de la Sarthe, apporte son soutien à la démarche : "Pourquoi conserver un calendrier profondément impacté par la crise sanitaire mondiale ? Ces deux derniers mois, toutes les démarches ont été stoppées... Il est urgent d’attendre afin non seulement de consolider les projets de reprise, mais également de garantir que tous les dispositifs d’aides soient connus. Il serait irrationnel de condamner un bassin d’emploi entier dans le seul but de maintenir une échéance rendue caduque par le confinement" écrit l’élu, qui demande un report à septembre.

Que la situation ne soit pas réexaminée "serait inconcevable"

Dominique Le Mèner reprend par ailleurs l’argumentaire développé en haut-lieu, au plus fort de la crise sanitaire : "A un moment où le gouvernement proclame la nécessité de réindustrialiser notre pays, il serait inconcevable que le dossier du site de Bessé-sur-Braye ne soit pas réexaminé minutieusement. Avec la nouvelle obligation faite aux administrations publiques de s’approvisionner à 40% en papier recyclé, force est de constater que la production et la fabrication se situent désormais hors de France : quelle cohérence à faire circuler les camions pour exporter les papiers à recycler et pour importer du papier recyclé, comme c’est le cas aujourd’hui ?" interroge-t-il.