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Billets de train chez les buralistes : le test va commencer

06 septembre 2019 à 10h58 Par Corentin Allain
Aucun buraliste contacté n'est équipé pour l'instant

Les Pays-de-la-Loire et la Normandie font partie des cinq régions où sera testée la vente de billets TER chez les buralistes. Une démarche qui soulève à la fois de l’enthousiasme et des interrogations. On fait le point sur le déploiement du dispositif.

Quand on évoque avec eux la vente de billets de trains régionaux dans leur commerce, la majorité des buralistes a la même réaction : "On en a entendu parler, mais pour l’instant, personne de la SNCF ne nous a appelé à ce sujet". Sur la vingtaine que nous avons contactée à L’Aigle, Alençon, Verneuil-sur-Avre ou encore au Mans, aucun n’est actuellement équipé pour vendre des titres de transport à sa clientèle. Il faut dire que l’annonce officielle n’a eu lieu qu’au début du mois de juillet, la compagnie ferroviaire promettait alors de premières ventes dans le courant de l’été, avant une intensification du processus en 2020.

La SNCF ciblera des zones plutôt rurales

"Rien n’est mis en place pour l’instant", confirme Alain Clouet, le président de la confédération des buralistes Normandie-Maine qui couvre notamment les départements de la Sarthe, l’Orne, la Mayenne, l’Eure et l’Eure-et-Loir. De toute façon, à terme, pas question d’équiper les 24 000 points de vente nationaux. "C’est la SNCF qui décidera des zones où déployer le dispositif, avec une priorité pour les endroits dépourvus de guichets en gare" précise l’Alençonnais, qui estime par ailleurs que la démarche est plus que positive. "Cela nous donne l’occasion de montrer l’intérêt de notre réseau, à travers une notion de service public" se félicite-t-il. Ouverture prévue du premier point vraisemblablement à la fin du mois de septembre, dans une zone rurale.

Les usagers sceptiques

Avec cette nouvelle possibilité offerte à sa clientèle, la SNCF voit une manière de compenser les fermetures de guichets, elles-mêmes provoquées -officiellement en tous cas- par la hausse du volume des transactions sur internet. Un argument tourné dans le mauvais sens selon Pierre Formé, président de l’association des usagers de la ligne Paris-Granville : "Si les gens achètent leurs billets en ligne, la plupart du temps, c’est justement parce qu’ils y sont obligés par les nombreuses fermetures de guichets en gare. Si la SNCF lance ce dispositif de vente en bureau de tabac, c’est bien que les clients sont en demande de points de vente physiques !" conclut-il.