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Bruno Le Maire : "la littérature, c’est ce qui me fait tenir"

10 octobre 2021 à 11h58 Par Nicolas Terrien
Bruno Le Maire lors des Rendez-vous de l'Histoire
Crédit photo : Nicolas Terrien

Entre amour des chiffres et des lettres, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, s’est confié lors des Rendez-vous de l’Histoire ce samedi 9 octobre à Blois.

"Nous sommes dans un temps où il n’a jamais été aussi essentiel d’échanger les uns avec les autres" a expliqué Bruno Le Maire devant un hémicycle de la Halle-aux-Grains certes clairsemé. Cette nécessité est justifiée par deux années de crise sanitaire où le locataire de Bercy a vécu ce qu’il qualifie de "plus grave crise depuis 1929, avec un PIB en baisse de 8%". Et il raconte : notamment l’instauration du "quoiqu’il en coûte"... "Ça s’est décidé en 48 heures avec le président de la République. L’économie était à l’arrêt. Soit on décidait de sauver les entreprises, soit elles disparaissaient, entrainant chômage et certainement révolte sociale !". Un peu plus tard, Emmanuel Macron annonçait un plan d’aide de 300 milliards d’euros et de prêts garantis pour toutes les entreprises sans aucune distinction.

Bruno Le Maire

"Un moment hors du commun"

Bruno Le Maire le reconnaît lui-même. "J’ai changé de logiciel au cours de cette crise". D’économe en 2017, il était devenu ultra-dépensier en 2020 ! "Nous avons mis ces milliards sur la table, mais c’est de la bonne dette". Une nécessité vitale dont il se dit très fier. "Depuis vingt ans que j’étais engagé en politique, c’était pour vivre ce moment-là", malgré les nuits blanches passées à négocier avec les partenaires européens à distance, dans un Bercy déserté de tous ses agents placés en télétravail. "On se serait cru dans un film de Kubrick !". A l’heure de la relance et de perspectives économiques favorables, le ministre sonne la fin de la récré et ferme les vannes des aides. "Maintenant, nous devons rétablir les comptes publics et contenir la dette" puis "nous devons repenser notre gouvernance  politique, car elle est obsolète". Un vrai discours de "premier ministrable" ?

Bruno Le Maire a témoigné à Blois ce samedi 9 octobre © Nicolas Terrien

L’ombre lumineuse de Blaise Pascal

Tous ces événements, le ministre les relate dans son livre "L’Ange et la bête" (éditions Gallimard). Car Bruno Le Maire a toujours écrit. "L’écriture est un accompagnement vital de ma vie politique. Elle permet le recul, de juger les politiques menées, et surtout de témoigner". D’ailleurs, il se lève très tôt le matin pour pouvoir écrire. "La littérature, c’est ce qui me fait tenir" explique-t-il, en confessant sa grande référence à Pascal et à ses Pensées : "Avec lui, tout devient lumineux !". Il faut dire que le théoricien de la "pensée de derrière" peut donner quelques astuces bien utiles dans l’art de la négociation internationale... Et bien sûr, Bruno Le Maire ne pouvait esquiver la discipline reine de Blois. "L’histoire m’éclaire tout le temps".

Bruno Le Maire