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La justice confirme le non-lieu prononcé à Blois dans l’affaire Angelo Garand

08 février 2019 à 12h10
Le palais de justice d'Orléans

Rejetant l’argumentation des avocats des proches de la victime, la cour d’appel d’Orléans a confirmé ce jeudi 7 février le jugement rendu en première instance au tribunal de grande instance de Blois : les gendarmes du GIGN de Tours qui ont tué Angelo Garand bénéficient d’un non-lieu.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans, saisie par les avocats des parties civiles à la suite de l'ordonnance rendue le 10 octobre dernier par au tribunal de grande instance de Blois dans l'affaire de la mort d’Angelo Garand, a confirmé ce jeudi 7 février le non-lieu, mettant fin à la mise en examen des deux gendarmes poursuivis, membres de l'antenne du GIGN de Tours : "Aussi dramatique que soit le décès d’Angelo Garand et la douleur de sa famille, il ressort que les deux gendarmes ont agi dans le cadre et le respect de la loi en faisant usage de leurs armes" font savoir les magistrats orléanais.

Usage des armes "strictement proportionné"

Le réexamen des faits a permis de conclure que "l'usage des armes à feu par les deux militaires de la gendarmerie a été strictement proportionné au danger de mort ou d'atteinte physique grave encouru par ces derniers et leurs collègues, en l'absence de toute autre alternative possible et après une graduation de la réponse apportée -notamment l’usage à deux reprises et en vain de Taser- au comportement de Monsieur Garand, armé d'un couteau, qui était déterminé à ne pas se rendre pour être réincarcéré, en dépit des sollicitations de sa famille et dont les nombreux antécédents judiciaires démontrait le caractère violent et dangereux" précise Frédéric Chevallier, procureur de la République de Blois.

Présence de THC et de cocaïne dans l'organisme

Les juges de la cour d’appel d’Orléans se sont par ailleurs appuyés, pour confirmer le non-lieu, sur "l’expertise toxicologique pratiquée sur Angelo Garand et qui avait révélé la présence de THC en quantité importante et de la cocaïne dans la bile, drogue dure qu’il avait l’habitude de consommer". Si cette décision met fin, en l'état, à l'information judiciaire, il reste la possibilité, sous cinq jours, de se pourvoir en cassation. C’est en mars 2017 qu’Angelo Garand, théoriquement prisonnier à Vivonne mais n’ayant jamais regagné sa cellule après une permission de sortie, a été localisé et tué au cours d'une interpellation mouvementée chez son père aux portes de Blois, à Seur. Il avait 37 ans.