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Le Mans : "85 affiches pour 85 féminicides en 2020"

21 novembre 2020 à 13h03 Par Jonathan Lateur
Les 85 affiches sont placardées sur les panneaux d'affichage municipal de la ville du Mans
Crédit photo : Jonathan Lateur

A l’approche de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le collectif sarthois "féministe unitaire" se mobilisait ce samedi matin.

Rendre visibles les victimes de violences conjugales : tel était l’objectif de la trentaine de militantes qui s’est mobilisée ce samedi matin au Mans. Réparties en petits groupes, les membres du collectif sarthois "féministe unitaire" ont collé des affiches dans une douzaine de quartiers de la capitale sarthoise : "Il y a 85 affiches pour les 85 féminicides recensés en France cette année. A chaque fois, nous inscrivons le nom de la victime, son âge, la date et la cause du décès voire éventuellement les victimes collatérales comme les enfants ou le nouveau conjoint" explique Marianne Masson, par ailleurs syndiquée à la FSU.

Interpeller l’opinion publique

Cette action était organisée à la veille de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, programmée officiellement le mardi 25 novembre. "L’idée, c’est d’utiliser l’espace public pour interpeller le maximum de personnes. Même si cette année, il y a moins de femmes tuées, 85 contre 149 en 2019, il y en a toujours trop. Nous voulons que les pouvoirs publics et les policiers jouent leur rôle pour empêcher que ces drames n’arrivent" témoigne Laëtitia, qui se présente comme une "Rosie", en référence à l’affiche de J. Howard Miller, devenue le symbole du combat féministe.

Mieux protéger les femmes

Armée de son pinceau et de son pot de colle, Justine placarde une à une les affiches numérotées correspondant à la chronologie des meurtres, non sans une certaine émotion : "C’est choquant de voir le nom de toutes ces femmes, elles sont beaucoup trop nombreuses. Cela me révolte aussi. Il faut médiatiser davantage cette cause pour que la parole se libère véritablement". Constat partagé par Martine : "Cela fait trop longtemps que cela dure, il faut faire quelque chose de significatif car beaucoup de ces femmes avaient porté plainte mais cela n’a pas empêché qu’elles soient tuées" se désespère cette autre "Rosie".