Info régionale

Les surveillants de Condé n’ont pas repris leur poste ce matin

12 juin 2019 à 11h21 Par Corentin Allain
Les agents s’étaient déjà mobilisés devant l’établissement ornais en mars dernier

Ils sont en colère contre la direction et veulent marquer leur soutien aux collègues choqués : les surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe ont refusé de prendre leur poste ce matin.

Ce mercredi 12 juin, lendemain d’une nouvelle prise d’otage dans l’établissement ornais, les surveillants ont refusé de prendre leur poste à la prison de Condé-sur-Sarthe. Tous sont encore marqués par ce qu'il s’est passé hier à partir de 19h, quand un détenu équipé d’une arme artisanale -une brosse à dents associée à une lame de rasoir- a retenu deux surveillants pendant près de 6 heures. Le premier otage a été libéré peu avant minuit ce mardi, le second trois quart d’heure plus tard, avant que l’agresseur ne soit finalement arrêté et placé en garde à vue.

Le détenu venait d’être quitté par sa compagne

Francis Dorffer, multirécidiviste de 35 ans, est un triste habitué des prises d’otages en détention : il en aurait commis au moins quatre depuis 2000, date de sa première incarcération. Cette fois, l’homme demandait à être transféré. Bien connu de la justice, le trentenaire l’est aussi des syndicats comme FO Pénitentiaire, qui est en colère ce mercredi matin : "Sa compagne l’a quitté en avril, et on savait qu’il avait tendance à passer à l’acte lorsqu’il rencontrait une situation personnelle compliquée" indique l’un de ses responsables.

Mise au courant, la direction n’a "rien fait"

"Francis Dorffer était auxiliaire d’étage, en charge notamment du ménage et des repas. Il aurait fallu lui retirer cette fonction et le placer en Quartier de Haute Sécurité. Mais la direction, mise au courant, n’a rien fait" précise cette même source. Une réunion doit avoir lieu ce mercredi pour décider des suites du mouvement. FO demande notamment la généralisation de l’utilisation de bombes lacrymogènse de défense, actuellement en phase de test à Condé-sur-Sarthe.