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Philippe Gouet : "Je n’ai pas à répondre aux injonctions de l’opposition"

12 octobre 2021 à 11h23 Par Nicolas Terrien
Début de mandat agité pour Philippe Gouet
Crédit photo : Nicolas Terrien

A l’issue de la session houleuse de ce lundi 11 octobre, Philippe Gouet, président du Conseil départemental de Loir-et-Cher, s’exprime sur ses décisions et sur le climat tendu de ce début de mandat.

Sweet FM : Vos oppositions ont réclamé un audit indépendant sur les comptes de l’assemblée départementale sur la précédente mandature. Vous leur avez adressé une fin de non-recevoir. Pourquoi ?

Philippe Gouet : Ce n’est pas une fin de non-recevoir. J’ai juste exprimé le fait que nous agirions en deux temps. J’ai déjà demandé au directeur général des services Xavier Patier de réaliser une étude interne sur l’ensemble de nos subventions et des marchés publics. Si nécessaire, j’ai même proposé d’y adjoindre les services d’un cabinet extérieur. Nous allons donc attendre les résultats de cette étude approfondie et très complète. En fonction de cela, nous verrons les suites à donner.

Il ne s’agit donc pas d’un refus catégorique ?

Non, c’est juste que j’agis en deux temps. Je n’ai pas à réagir sous la pression de l’opposition. J’agis dans la sérénité, en prenant mon temps. Il faut aussi respecter les services qui font un excellent travail. Voyons ce que donneront les résultats de cette enquête interne qui seront présentés dans les prochaines semaines.

Et concernant ce groupe d’étude dont vous avez annoncé la constitution ?

Ça, c’est le deuxième temps. Son objectif sera d’améliorer éventuellement la surveillance, si nous pouvons encore progresser dans le contrôle de nos marchés publics. De toute façon, tout est déjà soumis à un contrôle interne et externe. Franchement, je n’ai pas beaucoup d’inquiétudes. L’étude que j’ai demandée concerne les subventions et les marchés publics au cours de notre dernière mandature.

Comme vous l’avez déjà fait l’été dernier ?

Là, il s’agissait des subventions pour les clubs sportifs et sur les associations, ce qui a d’ailleurs montré qu’aucun versement n’avait été effectué sur les deux associations de Nicolas Perruchot (l’Observatoire du dialogue social et Coup de Cœur, ndlr).

Les affaires liées à votre prédécesseur plombent l’ambiance de ce début de mandat ? On a senti beaucoup de tension ce lundi en session...

Je dois reconnaître que l’ambiance n’est pas très sereine. C’est la politique. Je pense que la position des groupes d’opposition multifacette démontre une politique politicienne. Quand j’entends certains dire que ces affaires sont la préoccupation première des Loir-et-chériens, je suis quand même étonné. J’en rencontre beaucoup, et je peux vous assurer que ce n’est pas leur préoccupation. Maintenant, il faut prendre un peu de recul avec tout cela.

Même si des questions se posent autour de votre prédécesseur...

Oui, des questions se posent, et je ne nie pas qu’elles soient légitimes. Avec cette enquête, nous allons apporter une réponse, et très rapidement.

Les motifs de crispation s'enchaînent à l'hôtel du département © Nicolas Terrien

A titre plus personnel, on sentait que vous étiez attendu lors de cette session sur les orientations budgétaires...

Moi, ce que je voulais montrer, c’est que ce projet de budget est ambitieux, avec une grande priorité : l’accès aux soins. C’est indispensable. Autre objectif, l’environnement. Voici en fait les préoccupations premières des Loir-et-chériennes et des Loir-et-chériens.  Ce n’est pas s’il faut faire un audit ou pas !

Justement, ce débat houleux préfigure-t-il la tonalité des six années de mandat à venir ?

J’espère que non, et qu’une fois le budget voté, nous pourrons travailler plus sereinement. C’est mon tempérament, je suis assez optimiste. Je reste à l’écoute de l’ensemble des élus, mais je n’ai pas à répondre aux injonctions de l’opposition. Je prends mon temps, j’analyse les choses... Il y a donc cette enquête interne qui, si elle donne quelque-chose, nous verrons à ce moment-là.  S’il n’y a rien à y redire, nous nous arrêterons là. Je signale au passage que toutes ces affaires n’ont rien à voir avec le département ! Sur les "Pandora papers", Nicolas Perruchot n’était pas élu au Conseil départemental, en plus, il n’y a pas d’illégalité... On va donc se calmer un peu, et nous présenterons ces résultats prochainement.