Info Loir-Et-Cher

Repiquage de fraises... et de virus ?

27 novembre 2020 à 12h43 Par Nicolas Terrien
Les ouvriers d'une quinzaine d'exploitations fraisières de Loir-et-Cher sont actuellement dépistés
Crédit photo : Nicolas Terrien

Un nombre significatif de cas de contamination est actuellement constaté dans des exploitations agricoles de Loir-et-Cher, notamment dans la filière fraises.

Il n’y a pas que les Ehpad qui recensent des clusters en Loir-et-Cher -15 établissements en dénombrent sur 65 dans le département ce vendredi-. Des entreprises agricoles aussi sont identifiées comme étant des foyers de développement de la Covid-19. Cette saison correspond au repiquage des fraises, un moment stratégique pour ces entreprises qui irriguent tout le marché français, mais aussi nos voisins européens. Pour réaliser ces travaux, les exploitants fon régulièrement appel à de la main d’œuvre étrangère, souvent bulgare, mais aussi portugaise ou cambodgienne. Et en toute légalité.

Une quinzaine d’entreprises sous surveillance

Dès qu’un cluster se fait jour, la procédure est la même : tester tous les personnels, isoler les personnes contaminées et identifier les cas contacts. C’est là que ça se corse, car si les mesures barrières sont généralement respectées dans les entreprises, elles le sont moins dans le privé. Les services de la Dirrecte et de la MSA sont allés à la rencontre de ces ouvriers au cours des derniers jours. Ce vendredi 27 novembre, 176 personnes sont testées dans quatre exploitations. 134 le seront encore demain dans une autre entreprise, et les dépistages vont se poursuive la semaine prochaine.

Ultimatum pour les récalcitrants

Mais toutes les entreprises agricoles ne jouent pas le jeu, et ne semblent pas disposées à collaborer, vraisemblablement de peur de cas de Covid parmi le personnel : "Je les mets en demeure de me donner des explications jusqu’à ce vendredi 18h !" tonne le préfet Yves Rousset. "Si je n’ai pas de réponse, je prendrai un arrêté de fermeture administrative qui prendra effet demain samedi à 8h". Les gendarmes sont allés remettre le message préfectoral en main propre ce vendredi midi, arguant du fait que cette attitude fait courir un risque à toute la population et à un milieu hospitalier toujours en tension.