Tecalemit : les salariés blésois entre combativité et résignation

SWEET FM
Les salariés de l'usine Tecalemit réunis devant le site blésois
Crédit : Nicolas Terrien

6 juillet 2020 à 14h56 par Nicolas Terrien

Une chose est sûre : ils ne veulent pas aller travailler sur le site de Luceau. Ce lundi 6 juillet, des représentants des salariés sarthois sont même venus les soutenir. Tecalemit Aerospace envisage de déplacer son activité blésoise en Sarthe d'ici le mois d'octobre.

"Ça a été un véritable coup de massue !" : Michel* est un des rares employés de Tecalemit à accepter de témoigner au micro. "La direction nous demande de rester discrets, et nous voulons garder toutes les chances de notre côté" explique-t-il. Mais la douche froide, il n’a aucun mal à la dénoncer : "Nous nous attendions à des licenciements, mais certainement pas à un déménagement !". A ce jour, le site de l’avenue de Châteaudun à Blois emploie 112 personnes en CDI. Les derniers intérimaires ont quitté les lieux dès le premier jour du confinement... "Personne ne souhaite partir pour Luceau et tout recommencer à zéro !".

Luceau qui rit et Blois qui pleure ?

Le 29 juin dernier, l’entreprise qui fabrique des produits de hautes technologies pour les secteurs de l’aéronautique a annoncé son intention de déplacer l'activité blésoise sur l'usine de Luceau, près de Château-du-Loir. C’est là que travaille Laurent Vulliet : "Je suis venu apporter mon soutien aux camarades de Blois, et je comprends tout à fait qu’ils ne souhaitent pas venir s’installer en Sarthe !". Plus sérieusement, le délégué FO ne se réjouit pas du renfort du site sarthois de Tecalemit : "Nous n’étions même pas informés de ce projet... Et s’ils le font à Blois, pourquoi ne le feraient-ils pas à Luceau dans quelques mois ?".

Laurent Vulliet

"On retient les chevaux"

Selon les syndicalistes sarthois, l’usine de Luceau aurait été choisie pour ses disponibilités foncières qui permettraient une extension. "La direction nous dit aussi que certaines machines de Luceau seraient plus difficilement transférables". En tout cas, une semaine après l’annonce, les salariés blésois soufflent le chaud et le froid. "Des discussions sont lancées de manière informelle avec la direction, et un PSE** sera mis en place. Reste à en définir le contenu" précise Michel. C’est pour cette raison que le rassemblement devant l’usine de Blois à la mi-journée ce lundi 6 juillet a été particulièrement calme. "Mais j’ai dit à la direction que pour l’instant, on retient les chevaux !" : débrayages, manifestations... Rien n’est exclu en fonction de la teneur des négociations.

Michel, salarié

*Le prénom a été changé
** Plan de sauvegarde de l’emploi