Pourquoi la restriction du cuivre inquiète les viticulteurs
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Modifié : 12 mars 2026 à 22h32 par Nicolas Terrien
Contre le mildiou, ennemi redouté de la vigne, les professionnels n’ont qu’une arme vraiment efficace : le cuivre. Mais une récente décision de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en limite désormais fortement l’usage. En Centre-Val-de-Loire, la filière viticole redoute déjà des conséquences économiques majeures.
Dans les vignes, la bataille contre le mildiou se complique. Depuis janvier, la réglementation française a fortement restreint l’usage des produits à base de cuivre. Sur une quarantaine de références existantes, plus de la moitié ont été interdits et seules deux restent autorisées pour la viticulture, mais dans des conditions très restreintes. Une décision qui passe mal : "Ça rajoute des contraintes importantes sur nos exploitations et ça rend les traitements moins efficaces" explique Laure Dubreuil, vigneronne à Couddes et présidente régionale des vignerons indépendants. Le cuivre est pourtant l’outil principal pour lutter contre le mildiou, un champignon favorisé par l’humidité : "En Centre-Val-de-Loire, c’est le principal fléau. Quand il se développe trop, il peut tout simplement anéantir la production" souligne la viticultrice.
Le spectre d’années sans récolte
Dans une région où les printemps peuvent être très humides, la menace est prise très au sérieux. L’exemple de 2024 reste dans toutes les mémoires : une année exceptionnellement pluvieuse qui a déjà provoqué de fortes baisses de rendement. "Si nous n’avions pas pu utiliser de cuivre cette année-là, nous aurions produit zéro raisin" témoigne Emmanuel Clavier, vigneron à Oisly et trésorier du Groupement des agriculteurs bio du Loir-et-Cher (GABLEC). Pour les exploitations, l’enjeu est donc vital : sans raisin, pas de vin... et donc pas de revenus. "La rentabilité économique de nos entreprises dépend directement des rendements. Si on ne peut plus lutter efficacement contre le mildiou, cela remet en jeu l’équilibre financier des domaines" alerte Laure Dubreuil.
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Le bio particulièrement exposé
La décision touche toute la filière, mais les viticulteurs biologiques sont particulièrement concernés. En effet, en biodynamie, le cuivre est la seule substance autorisée pour lutter efficacement contre le mildiou. "C’est un produit naturel et c'est le seul que nous pouvons utiliser. Les alternatives à base de plantes peuvent aider, mais elles ne suffisent pas face à une forte pression du champignon" affirme Emmanuel Clavier. En Loir-et-Cher, environ 20% des surfaces viticoles sont aujourd’hui cultivées en bio, une proportion en hausse ces dernières années. Mais ces nouvelles restrictions pourraient freiner la dynamique. Certains vignerons hésitent désormais à s’engager dans cette voie, de peur de ne plus pouvoir protéger leurs récoltes.
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