Loir-et-Cher : quatre incendies mobilisent 250 pompiers, des dizaines d'habitants évacués
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Modifié : 7 juillet 2026 à 21h36 par Nicolas Terrien
Ce mardi 7 juillet, quatre incendies de végétation et de forêt se sont déclarés à Châtillon-sur-Cher, Chémery, Soings-en-Sologne et Fresnes, dans un contexte de fortes chaleurs et de sécheresse. Au total, 250 sapeurs-pompiers sont mobilisés et 80 habitants ont dû être évacués, certains accueillis dans des gymnases ou des salles communales. À Fresnes, où le feu a menacé habitations et entreprises, élus, secours et riverains racontent une situation hors norme.
À Fresnes, le sinistre est parti dans l’après-midi de ce mardi 7 juillet, de la zone industrielle avant de gagner rapidement les espaces naturels. Les premiers engins, initialement engagés pour protéger les entreprises, ont été renforcés par des moyens spécialisés dans les feux de forêt : "L'origine du feu n'est pas encore connue, mais les facteurs climatiques nous sont défavorables" explique le commandant des opérations de secours, Damien Borde. Grâce à une météo finalement peu venteuse, "la majeure partie des habitations a été préservée", malgré 10 à 12 hectares déjà parcourus par les flammes.
Des "Dash" en renfort dans la soirée
Pour le sous-préfet de Romorantin-Lanthenay, Laurent Vignaud, la priorité a été de protéger les personnes : "Le feu a pu être contenu par l'action conjuguée des sapeurs-pompiers et des agriculteurs, qui ont permis de préserver les habitations, des exploitations agricoles et plusieurs haras". Une quarantaine de riverains ont été évacués à Fresnes, tandis que des renforts de la colonne Bretagne et des moyens aériens type "Dash" étaient attendus dans la soirée pour épauler les équipes déjà mobilisées sur les autres foyers de Chémery et Châtillon-sur-Cher.
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Une commune qui s'organise dans l'urgence
Face à l'avancée du feu, la municipalité de Fresnes a activé son plan communal de sauvegarde. Salle polyalente ouverte, eau, nourriture, points de recharge pour les téléphones... Tout a été mis en place pour accueillir les habitants contraints de quitter leur domicile. "J'ai une pensée pour tous les Fresnois qui sont dans la difficulté, certains ont peut-être perdu des biens ou des annexes" confie le maire, Raphaël Beltran. "Ils sont sous le choc. Ils ne savent pas comment ils vont retrouver leurs habitations. Nous aussi, nous sommes dans l'inquiétude". Élu depuis seulement quelques mois, il reconnaît n'avoir "jamais connu un tel incendie sur la commune".
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"On se sent vite démunis"
Rue de la Taille-Picard à Fresnes, Emmanuel et Peggy ont vu le feu arriver jusque dans leur jardin. Les agriculteurs, venus labourer en urgence autour des habitations, ont sans doute évité le pire. "Un grand merci aux agriculteurs. Sans eux, le feu serait allé beaucoup plus loin", souffle Emmanuel. Quelques minutes plus tard, les gendarmes frappaient à leur porte pour ordonner l'évacuation. "On se sent un peu démunis face à un feu qui progresse à cette vitesse-là" raconte Peggy. "Quand on nous dit d'évacuer, là c'est le stress".
L'angoisse de retrouver sa maison
Le couple décrit des flammes de plus de dix mètres de haut dans les résineux voisins et une solidarité immédiate entre habitants : "Tous les voisins sont arrivés avec leurs tuyaux, leurs pelles, leurs seaux... Mais on est vite démunis". Après vingt-cinq ans passés à Fresnes, ils n'avaient "jamais vécu une telle situation". Comme beaucoup d'habitants, Virginie a découvert le drame à distance. À la sortie de la piscine, plusieurs appels de proches l'alertent. En revenant, impossible d'accéder à son domicile : "On se demande ce qu'on va retrouver. J'ai même laissé un animal à la maison" confie-t-elle.
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"Ce n’est pas que dans le sud, c’est chez nous aussi"
Rassurée sur le fait que le feu est finalement passé à proximité sans atteindre son habitation, Virginie reste marquée par cette journée : "On voit souvent ces incendies dans le sud. On se rend compte que ça arrive désormais chez nous aussi. Ça fait réfléchir". Au fur et à mesure de la soirée, l'incendie de Fresnes demeurait sous surveillance, tandis que les secours poursuivaient leur lutte sur les trois foyers du sud du Loir-et-Cher. Une journée éprouvante, qui rappelle que les incendies de végétation ne sont plus l'apanage du pourtour méditerranéen et que les épisodes de chaleur extrême placent désormais le département face à un risque inédit.
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