Au passage à niveau, la prudence comme meilleure protection

98% des incidents sur les passages à niveau sont dû à de mauvais comportements des usagers.

Modifié : 9 juin 2026 à 22h38 par Nicolas Terrien

Alors que près d'un millier de passages à niveau jalonnent le Centre-Val-de-Loire, SNCF Réseau, les services de l'État et la gendarmerie rappellent l'importance du respect des règles de circulation. Une vigilance indispensable face à des incidents qui demeurent largement liés aux comportements des usagers.

La sonnerie caractéristique retentit. Les feux rouges se mettent à clignoter. Les barrières commencent à s’abaisser. Au bord de la route, des agents de SNCF Réseau profitent de l’arrêt forcé des automobilistes pour engager la conversation avec les usagers stoppés : "Quand le feu clignote, il faut bien s’arrêter, même si les barrières ne sont pas encore baissées" rappelle l’une d’elles à Didier, habitant de Saint-Romain-sur-Cher. Ancien routier, l’homme a vu défiler des milliers de kilomètres et autant de comportements imprudents : "J’en ai vu pas mal. Les gens ne font plus attention. C’est comme dans les ronds-points..." souffle-t-il avant de repartir. Une remarque qui résume à elle seule le sens de cette opération de prévention aux abords du passage à niveau de Saint-Aignan-Noyers : rappeler que le passage à niveau reste un point de vigilance où l’impatience ou l’habitude peuvent avoir des conséquences... Parfois dramatiques !

Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :

147 incidents en cinq ans dans la région

La région Centre-Val-de-Loire compte près de 950 passages à niveau. Entre 2020 et 2025, 147 incidents y ont été recensés, causant deux décès. Le dernier accident mortel remonte à novembre 2024, lorsqu'un homme d'une cinquantaine d'années a été percuté par un train à Nouan-le-Fuzelier. "98 % des accidents sur les passages à niveau sont liés à des écarts au code de la route et non à un dysfonctionnement des systèmes de sécurité" souligne Laurent Quelet, directeur régional de SNCF Réseau. Et les causes sont connues : franchissement malgré le feu rouge, contournement des barrières, distraction liée au téléphone ou aux écouteurs, sentiment de maîtriser les lieux lorsqu’on habite à proximité... "Les gens ont parfois l’impression qu’ils connaissent les horaires des trains et qu’ils peuvent passer" observe également Véronique Poiron, directrice de la communication de SNCF Réseau. Pourtant, rappelle-t-elle, "on ne peut pas jouer contre un train. On ne sera jamais gagnant".

Laurent Quelet au micro de Nicolas Terrien :
En cinq ans, deux personnes ont perdu la vie sur un passage à niveau en Centre Val de Loire.

Des répercussions qui dépassent le seul accident

Au-delà des drames humains, chaque incident sur un passage à niveau entraîne un enchainement de conséquences pour l'ensemble des usagers. En Loir-et-Cher, où 216 passages à niveau sont recensés, quatre sites entre Nouan-le-Fuzelier et Theillay font l'objet d'une surveillance particulière en raison de leur configuration et de l'intensité des circulations routières et ferroviaires. "Dans les cas que nous avons connus, ce sont des défauts de comportement, des personnes qui sont passées au-dessus ou à côté des barrières" souligne David Mathon, chef du service prévention des risques à la préfecture. Lorsqu'un événement survient, le trafic ferroviaire est immédiatement impacté : les installations doivent être contrôlées avant toute reprise de circulation. Retards, reports de voyageurs, déviations routières ou mobilisation des secours peuvent alors s'enchaîner. Et par effet domino, une imprudence isolée peut rapidement devenir une difficulté collective bien au-delà du seul lieu de l’accident.