Bizutage à Tours : jusqu’à deux ans d’exclusion pour seize étudiants en médecine

Seize étudiants en médecine sont sous le coup d'une expulsion temporaire pour actes de bizutage.

Modifié : 19h16 par Nicolas Terrien

Seize étudiants en médecine et en odontologie de l’université de Tours ont été sanctionnés sur le plan disciplinaire pour des faits de bizutage. Des exclusions allant de six mois à deux ans ont été prononcées, tandis qu’une enquête pénale est en cours pour des faits graves, incluant violences et atteintes sexuelles.

La section disciplinaire du conseil académique de l’université de Tours s’est réunie les 16 et 17 février afin d’examiner plusieurs affaires de bizutage survenues dans le cadre universitaire. À l’issue de ces audiences, seize étudiants et étudiantes ont été reconnus impliqués. Les sanctions, notifiées ce 30 mars 2026, consistent exclusivement en des exclusions temporaires, d’une durée comprise entre six mois et deux ans. Elles sont toutefois en grande partie assorties de sursis. "Les sanctions prononcées reconnaissent cette gravité tout en laissant place à une prise de conscience individuelle et collective" souligne Sabine Barrat, présidente de la section disciplinaire.

Des faits graves et répétés

L’affaire trouve son origine dans plusieurs signalements remontant au printemps 2025. En cause notamment : l’affichage d’une banderole à caractère sexiste ainsi que la remontée de faits de bizutage et de violences sexistes et sexuelles lors de soirées étudiantes. Face à ces éléments, l’université avait saisi l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche. Le rapport remis le 21 mars 2025 a conduit le président de l’université, Philippe Roingeard, à annoncer rapidement un plan d’action. Parallèlement, une enquête pénale a été ouverte en mars 2025 pour "infractions de bizutage", "atteintes sexuelles" et "violences aggravées".

Un plan d’action en 27 mesures

Pour répondre à la situation, l’université a déployé un plan structuré autour de 27 mesures, mêlant prévention et sanctions. Parmi les dispositifs mis en place : la saisine systématique de la section disciplinaire en cas de faits signalés, la création d’une commission d’enquête administrative et le signalement des faits au procureur de la République. Le plan prévoit également la mise en place d’une cellule d’écoute unique pour les étudiants, dédiée à l’accompagnement des victimes, ainsi qu’une formation obligatoire de sensibilisation aux violences pour les étudiants en médecine et en odontologie.