Houlbec-Cocherel : une mère de famille poignardée, le principal suspect se suicide

Gendarmerie

Modifié : 17h25 par Tanguy Papin

Ce mardi 14 juillet, le corps d'une femme a été retrouvé à son domicile à Houlbec-Cocherel. L'auteur présumé, ex conjoint, s'était suicidé le matin-même en se jetant d'une falaise aux Andelys.

L'Eure compte son premier féminicide de l'année. De nuit, entre les lundi 13 et mardi 14 juillet, une femme de 30 ans a été tuée à son domicile, à Houlbec-Cocherel. Son corps a été découvert dans la soirée par des proches, inquiets de ne plus avoir de nouvelles. Alertés, les gendarmes se sont rendus sur place et ont constaté plusieurs plaies causées par arme blanche sur le cadavre de la défunte. Une enquête de flagrance pour homicide a été ouverte.

L'auteur présumé s'est suicidé 

Le travail des enquêteurs a permis de "rapidement faire le lien avec un suicide survenu le matin-même" explique le procureur de la République d'Évreux, Rémi Coutin : un homme était décédé, le mardi vers 10h30, après s'être jeté du haut d'une falaise sur le site de Château-Gaillard, aux Andelys. Les investigations ont révélé qu'il s'agissait de l'ex-conjoint de la victime, père de ses deux enfants, avec qui elle avait repris contact.

La soirée à Autheuil-Authouillet

La veille, la trentenaire et son meurtrier présumé avaient passé la soirée ensemble, en compagnie d'une partie de la famille de la victime, lors d'un événement organisé par la mairie d'Autheuil-Authouillet à l'occasion de la Fête nationale. D'après les auditions des proches, "tout s'est déroulé dans une bonne ambiance, avec des rires et des sourires" rapporte Rémi Coutin. À l'issue de cette soirée, les deux enfants du couple avaient été confiés à une tante pour les vacances. Les deux adultes se sont ensuite rendus au domicile de la victime. La mort serait survenue entre minuit et 10h.

L'auteur présumé s'est suicidé

Les traces d'une procédure passée 

Le couple avait déjà connu un épisode dramatique : en février 2022, dans des circonstances similaires, le suspect avait porté plusieurs coups de couteau à la victime, alors enceinte. Celle-ci avait réussi à s'échapper par la fenêtre de leur appartement à Ivry-la-Bataille avant de se réfugier chez un voisin. L'homme avait ensuite tenté de mettre fin à ses jours avant d'être interpellé. Mis en examen pour tentative de meurtre, il avait été hospitalisé en psychiatrie avant son jugement. Deux experts psychiatriques avaient conclu qu'il souffrait "d'importants troubles de type schizophrène et paranoïde, une pathologie grave et aliénante" a expliqué le procureur. À l'époque, l'homme avait notamment inscrit avec son sang les prénoms de ses enfants sur un mur de son logement. Un geste qu'il aurait reproduit avant son décès cette semaine.

Interdiction de contact avec elle

En 2023, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rouen l'avait déclaré pénalement irresponsable. Il avait alors été hospitalisé au Nouvel Hôpital de Navarre avant d'être transféré dans un établissement psychiatrique à Mantes-la-Jolie. Dans le même temps, il lui avait été interdit d'entrer en contact avec son ex-conjointe, ses enfants, ainsi que de détenir une arme. "Nous ne savons pas à quel moment les deux personnes avaient repris contact" explique le procureur de la République d'Évreux : "D'après nos recherches, aucune plainte ni aucun signalement ne nous avaient été remontés concernant une éventuelle violation de cette interdiction de contact".

La santé mentale du suspect à éclaircir

La santé mentale du suspect à éclaircir 

"Nous attendons les informations du deuxième établissement psychiatrique afin de savoir quand et dans quelles circonstances l'auteur présumé du féminicide est sorti de son hospitalisation" déclare Rémi Coutin. Sans mettre en cause le système de santé, le procureur souligne que "la santé mentale de l'auteur présumé des faits peut constituer une explication du drame", ajoutant avoir fréquemment été confronté, au cours de sa carrière, à des meurtres conjugaux commis par "de jeunes hommes souffrant de troubles psychiatriques, mais qui avaient arrêté leur traitement".

Deux autopsies attendues

Les corps de la victime et de l'auteur présumé seront autopsiés la semaine prochaine. L'objectif est de confirmer les hypothèses des enquêteurs, notamment en recherchant "des traces de sang de la victime sur le corps du suspect" détaille Rémi Coutin. En raison du décès du principal suspect, l'affaire devrait toutefois être classée sans suite par le parquet d'Évreux.