Le sud du Loir-et-Cher frappé par des incendies d'une ampleur inédite

En tout, 400 hectares sont partis en fumée dans le sud du Loir-et-Cher.

Modifié : 8 juillet 2026 à 19h28 par Nicolas Terrien

Les incendies qui ont frappé simultanément les secteurs de Fresnes, Soings-en-Sologne/Chémery et Châtillon-sur-Cher ont ravagé près de 400 hectares de végétation ce mardi 7 juillet. Désormais maîtrisés, ces feux d'une ampleur exceptionnelle ont mobilisé des centaines de sapeurs-pompiers et d'importants moyens aériens pour protéger les habitations et les habitants. À Selles-sur-Cher, où plusieurs dizaines de personnes évacuées ont été accueillies durant la nuit, l'heure est désormais au bilan.

Le pire a été évité, mais les stigmates resteront longtemps visibles. Au lendemain des incendies qui ont frappé simultanément Fresnes, Soings-en-Sologne/Chémery et Châtillon-sur-Cher, les secours ont annoncé, ce mercredi 8 juillet à la mi-journée, que les trois foyers étaient désormais maîtrisés. Au total, près de 400 hectares de forêts, sous-bois et récoltes ont été détruits, dont environ 250 hectares à Châtillon-sur-Cher et 50 hectares à Fresnes. Face à cette situation inédite, 350 sapeurs-pompiers, dont 150 renforts venus de plusieurs départements, ont été déployés. Deux hélicoptères bombardiers d'eau Condor ont effectué 130 largages, épaulés par un avion Dash. Malgré la violence des flammes, aucune habitation n'a été détruite. Les secours ont néanmoins recensé six pompiers légèrement blessés ainsi qu'un gendarme. Mais grâce à cette mobilisation, 38 maisons, une école à Châtillon-sur-Cher et une entreprise à Fresnes ont pu être préservées. "Cette crise nous a projetés dans ce qui nous attend non pas demain, mais aujourd'hui. J'ai moi-même été surpris" a reconnu le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet. Concernant l'origine des incendies, il a précisé qu'à ce stade, "aucune confirmation ne permet d'établir un acte de malveillance". Une enquête a été ouverte sous l'autorité du procureur afin d'en déterminer les causes.

Une solidarité qui s'est organisée dans l'urgence

La progression des flammes a conduit les autorités à évacuer une quarantaine d'habitations à Fresnes et près de 200 riverains à Châtillon-sur-Cher. À Selles-sur-Cher, le foyer rural a été transformé en centre d'accueil d'urgence. Une soixantaine de personnes y ont transité au cours de la soirée de mardi, dont 19 ont finalement passé la nuit sur place. "Nous avons ouvert la salle des fêtes. C'était une première pour nous. Nous nous sommes appuyés sur la Sécurité civile pour accueillir les personnes évacuées" explique la maire, Stella Cocheton. Petit-déjeuner et douches avaient été mis à disposition avant que les habitants ne soient autorisés à regagner leur domicile dans la matinée de ce mercredi. Les agriculteurs ont également apporté leur concours aux opérations. Le poste de commandement des secours a notamment été installé chez un viticulteur de Châtillon-sur-Cher, tandis que les associations de sécurité civile, le Conseil départemental et les forces de l'ordre assuraient la logistique et les déviations : "Nous avions envisagé de fermer l'A85, mais cela n'a finalement pas été nécessaire" a indiqué le préfet.

Le préfet du Loir-et-Cher à l'heure du bilan ce mercredi à la mi-journée à Selles-sur-Cher.

Un épisode qui appelle à la prudence

Si les flammes sont désormais contenues, la vigilance reste de mise. A la mi-journée ce mercredi, 1 300 foyers demeuraient privés d'électricité, contre 1 700 la veille au soir. Vingt-cinq techniciens d'Enedis poursuivaient leurs interventions dans les secteurs de Noyers-sur-Cher, Châtillon-sur-Cher, Fresnes et Soings-en-Sologne. Le colonel Mohammed Kharraz, directeur du Service départemental d'incendie et de secours, a salué l'engagement des équipes face à "la simultanéité des trois théâtres d'opérations", rendue possible grâce aux renforts venus notamment de l'Indre, du Loiret et de l'Indre-et-Loire. Et alors que les fortes chaleurs entretiennent un risque élevé de départs de feu, Joseph Zimet a annoncé la prise prochaine d'un arrêté préfectoral interdisant les feux d'artifice avant le week-end. "De nombreux élus me l'ont demandé. Je n'osais pas le faire jusqu'à présent" a-t-il confié. Plusieurs communes avaient déjà pris les devants en renonçant à leurs spectacles pyrotechniques du 14 juillet, qui pourront être reportés ultérieurement.