Le Zoo de Beauval abandonne son projet de delphinarium
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Modifié : 11h54 par Bastien Bougeard
Annoncé en novembre 2025, le zoo de Beauval a déclaré ce mardi 25 août, par la voix de son directeur général, renoncer à construire un delphinarium. Le site devait accueillir des dauphins du Marineland d’Antibes et de Planète Sauvage.
Le delphinarium du zoo de Beauval tombe à l’eau. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux du zoo-parc, Rodolphe Delord, le directeur général, a mis sa menace, formulée chez nos confrères du Parisien, à exécution en abandonnant le projet d'accueil de plus d'une dizaine de cétacés, notamment ceux du Marineland d’Antibes et du parc Planète Sauvage.
Un projet à 45 millions d'euros
Un projet insufflé par le gouvernement, soucieux du sort des dauphins du parc d'Antibes depuis sa fermeture en 202l. Il avait même été présenté comme un projet "qui cochait toutes les cases" par le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, venu à Beauval en novembre 2025 pour la présentation d’un projet qui prévoyait la création de sept bassins pour accueillir les animaux. Le projet était chiffré à 45 millions d’euros.
Des manifestations et des recours contre l'initiative
Mais l’initiative loir-et-chérienne avait ses détracteurs. Si l’ONG "Sea Shepherd" avait reconnu la proposition de Beauval comme la plus adaptée à l’heure actuelle, d’autres associations animalistes, comme One Voice, avaient dénoncé dès l’automne 2025 un projet de delphinarium déguisé. Elles prônaient d’ailleurs le placement des animaux dans un sanctuaire. Une manifestation s’était tenue devant l’entrée du parc de Saint-Aignan le 1er août dernier.
Trop d'incertitudes pour poursuivre le projet
Un premier recours contre le projet, intenté par l’association "C’est assez !", pour suspendre l’arrêté pris par le préfet du Loir-et-Cher, autorisant la construction de la structure, avait été examiné, puis rejeté par le tribunal administratif d’Orléans. "Les nombreux recours engagés contre le projet font peser une incertitude juridique persistante, incompatible avec un investissement de 45 millions d’euros et les engagements à long terme qu’implique l’accueil de ces animaux. Dans ce contexte, les partenaires financiers ne peuvent s’engager tant que l’ensemble des recours n’a pas été définitivement purgé", commente Rodolphe Delord dans un communiqué.
Un manque de soutien du gouvernement ?
"Nous espérons désormais que chacun prendra ses responsabilités afin qu’une solution concrète, durable et respectueuse du bien-être de ces animaux puisse être trouvée", poursuit le zoo de Beauval. Difficile de ne pas y voir, entre les lignes, une pique lancée aux associations opposées au projet, mais aussi au gouvernement. Rodolphe Delord avait demandé, dans une interview au Parisien au cours de l’été, un soutien ouvert de l’exécutif à ce projet.
Déjà un million d'euro engagé dans le projet
Retour à la case départ donc pour les dauphins du "Marineland" d’Antibes, actuellement accueillis en Espagne. L’État devra se mettre en quête d’un nouveau projet pour héberger les cétacés dans de bonnes conditions. La tâche s’annonce difficile, Rodolphe Delord ne manque pas de le souligner : "À ce jour, Beauval était le seul projet permettant de les accueillir en France". Le zoo loir-et-chérien avait engagé un million et demi d’euros pour les études, l’expertise et la conception "d’un projet ambitieux".
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