Police municipale de Caen : la Cour des comptes pointe "un recul des actions de terrain"

Caen

Modifié : 12h33 par Emilien Borderie

La Chambre régionale des comptes de Normandie publie ce vendredi 10 avril son analyse de la politique de sécurité de la ville de Caen. Il est notamment question de la police municipale, créée il y a une quarantaine d'années.

A Caen, "l'action de la ville en matière de sécurité est ancienne, avec une police municipale armée créée dès 1985, dotée d'effectifs importants" rappelle l'antenne normande de la Cour des comptes, en livrant les conclusions, ce vendredi 10 avril, de l'analyse budgétaire qu'elle vient d'y consacrer. Si l'institution salue "des missions opérationnelles efficacement articulées avec les services de l’État et de l’autorité judiciaire" et une "force territoriale au concours apprécié", elle suggère néanmoins "une nouvelle stratégie communale de sécurité et un pilotage renforcé" qui seraient "de nature à mieux orienter l'action partenariale" de la police municipale.

Moins de patrouilles hors centre-ville

Concrètement, la chambre régionale des comptes indique observer "une baisse marquée, autour de 20 à 30%, des activités de la direction de la police depuis 2019" et ce , "sans lien avec l’évolution des effectifs" -qui atteignent aujourd'hui 145 agents-. En cause ? Un "recul net des actions de terrain" comme les patrouilles dans les quartiers hors du périmètre du centre-ville, état de fait qui "semble devoir être corrigé pour correspondre à la priorité affirmée par la municipalité de renforcer la proximité" lit-on dans le rapport : "À cet égard, une évaluation des missions exercées paraît nécessaire, d’autant que la municipalité prévoit la création de brigades supplémentaires".

Caen

Des patrouilles à trois, et non plus à deux

Interrogée sur cette moindre présence humaine dans les quartiers excentrés, la municipalité de Caen évoque "une évolution de certaines opérations considérées comme moins efficaces, tels les points fixes de surveillance, au profit d’opérations plus dynamiques". Les modalités en ont également changé : "notamment la nécessité pour les agents de surveillance ou les agents de police de patrouiller à trois au lieu de deux agents depuis 2022, afin de réaliser des interventions en toute sécurité" souligne-t-on. Enfin, la vidéo-verbalisation a pris de l'ampleur, ce qui s'est d'ailleurs traduit par "une augmentation des forfaits post-stationnement".

 

Rapport complet de la Chambre régionale des comptes en cliquant ici