Quand "Barbapapa" fait plier les paillettes : un cabaret contraint de changer de nom

Le cabaret drag queen de Condé-sur-Huisne devient "Papapaillettes". Photo : Molly Mercury.

Modifié : 18h18 par Nicolas Terrien

À Condé-sur-Huisne, un cabaret drag queen doit renoncer à son nom après une mise en demeure des ayants droit de la célèbre licence pour enfants "Barbapapa". Une situation dure à encaisser et aux multiples conséquences pour l'association qui gère les lieux.

Tout s’est joué en quelques jours. Le 19 mars, les responsables du cabaret "Barbapaillettes" reçoivent une lettre : ils sont sommés de changer de nom avant la fin du mois. En cause ? Une trop grande proximité phonétique avec la marque "Barbapapa" arguent ses ayants droit, qui évoquent un "risque de confusion". "On nous demande de tout arrêter, de faire disparaître notre nom, nos supports, nos produits" explique Damien, président de l’association qui gère l'établissement. Une injonction brutale pour une structure locale, qui n’a ni les moyens financiers ni juridiques d’engager un bras de fer.

Ecoutez le reportage de Nicolas Terrien :

Le choix de renoncer plutôt que lutter

Face à la menace de poursuites, la décision est rapide : céder. "Notre but est de vendre des paillettes, pas des procédures judiciaires" résume Damien avec pragmatisme. Le cabaret devient donc "Papapaillettes", un nom choisi pour préserver l’esprit initial tout en évitant tout contentieux. Mais l’impact est immédiat et coûteux : enseignes, costumes, supports de communication, site internet : tout doit être modifié ou détruit. Le préjudice est estimé à environ 6 000 euros. "Tout a été construit avec nos moyens personnels, par passion" rappelle l’équipe dans un communiqué. Sans compter la perte immatérielle : celle d’un nom porteur construit au fil des soirées et des rencontres avec le public.

Photo : Molly Mercury
Damien au micro de Nicolas Terrien :

The show must go on...

Derrière "Barbapaillettes" -qui devient donc "Papapaillettes"- se trouve bien plus qu’un simple cabaret. Un collectif, des artistes, une communauté : "On a l’impression de perdre une partie de notre identité" confie l’équipe, partagée entre tristesse et colère. Pour continuer, une cagnotte en ligne a été lancée. Objectif : absorber les coûts et permettre au cabaret de poursuivre son activité. Mais malgré les difficultés, l’essentiel reste intact : la volonté de créer, de rassembler et de faire vivre ce lieu d’expression artistique. "On ne nous fera pas taire" assure Damien. Le cabaret prépare déjà son prochain spectacle, "en avril, ne te découvre pas d’un cil !".